La Galice, région entre terre et mer, située au nord-ouest de l’Espagne. Des paysages sauvages et escarpés, vibrants au rythme de l’océan Atlantique et de sa forte empreinte celtique. C’est ici que la designer-chercheuse Paula Camiña Eiras a développé son projet d’étude dans le cadre de sa maîtrise en biodesign, présentée à la Saint Martin School, à Londres. Préoccupée par les spécificités écologiques, scientifiques et culturelles créant un impact positif par le design et la matérialité, elle profite d’un retour dans sa région natale, durant la pandémie, pour articuler son champ d’investigations : la pollution marine. « L’océan Atlantique a fourni à la population galicienne et espagnole toute son histoire, qui a beaucoup compté sur ses ressources marines, entraînant le gaspillage de 602 tonnes de coquillages galiciens par an, ce qui représente un danger important pour l’environnement. De plus, cette quantité de déchets a augmenté ces dernières années en raison d’une demande accrue en produits de la mer, des systèmes de production et de la mise en place d’outils de pêche modernes s’éloignant des méthodes de pêche traditionnelles, ce qui met en péril l’artisanat local comme la vannerie. Le déclin de cette dernière provient principalement du reboisement d’arbres non autochtones en Galice, dont le bois n’est pas exploitable pour les techniques de vannerie. », constate Paula.

C’est pourquoi elle décide de mettre au point un biomatériau flexible, à disposition des vanniers, à base de coquillages de fruits de mer. Un moyen de réduire une source de déchets nocifs pour l’environnement, tout en permettant la pérennité des savoir-faire locaux. « Ce projet ne s’éloigne pas des principes durables liés à la vannerie, à savoir maintenir un équilibre entre l’activité et les ressources prélevées sur notre environnement. D’une part, en tant que biodesigner, mon approche a été d’apprendre, de sentir et de voir toutes les techniques, matériaux et processus traditionnels de la vannerie galicienne. D’autre part, mon travail de designer consistait à concevoir une collection de pièces de tissage contemporaines, dont la morphologie s’inspirait d’éléments issus du folklore galicien. » Une démarche hors-temps qui, comme un passé recomposé, lie la préservation d’une culture ancestrale et le développement de nouvelles approches, adaptées au contexte environnemental. Intitulé « Co-Obradoiro Galego », ce projet ouvre le champ des possibles et les potentielles ressources pour un artisanat nouveau. « Je vois un avenir où designers et artisans façonnent ensemble des systèmes régénératifs. », nous confie Paula. Une histoire à réécrire, main dans la main, dans une démarche salvatrice et collaborative.

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