La Provence, Nicolas Maury la porte en lui à bien des égards, de bien des façons. Terre de liberté et de promesses d’abord, avec Avignon où, alors tout jeune comédien de 16 ans, il pose ses valises un mois durant, pour jouer, au Festival. Première émancipation loin du nid familial, première expérience professionnelle aussi. « Débarquer à Avignon, dans cette ville investie de fictions antiques, mais aussi de fictions du moment, avec je ne sais combien de spectacles, c’est resté gravé » confie l’artiste. Destination plus personnelle ensuite, avec une Provence amoureuse, une histoire en question. Territoire de partage aussi, avec une Provence vécue, parcourue, en invité privilégié, aux côtés de son grand ami, le metteur en scène Guillaume Vincent, originaire d’Uzès. Échappée littéraire enfin, avec les ouvrages de Jean Giono (1895 – 1970), écrivain français originaire de Manosque. « Il est à mon sens l’une des plus belles plumes. Il a écrit les ouvrages qu’on connait, comme Le Hussard sur le toit, mais il a également beaucoup raconté sa Provence, avec laquelle il était tout contre, dans tous les sens du terme, aussi proche et attaché qu’ennuyé et lassé de son vent, de ses paysages, de ses touristes. Il a écrit un livre, « Rondeur des jours », absolument sublime, dans lequel il peut juste dépeindre une lumière du matin à sa fenêtre. C’est aussi ça pour moi les inspirations de la Provence». 

Les rues d’Uzès.

Le voyage expérimental 

Sa Provence, Nicolas Maury l’a partagée avec Worldia – plateforme qui permet de planifier et réserver des voyages sur mesure – à travers un itinéraire d’une dizaine de jours qu’il est possible de booker en un clic pour le vivre tel quel, ou de personnaliser, selon ses goûts, son rythme, ses besoins, ses envies. La formule est savoureuse, alliant inspiration et recommandations, autour d’une destination qu’il connaît par coeur. « Le calme et l’authenticité de l’arrière-pays provençal… comme dirait la chanson, par tous les chemins, j’y reviens. C’est mon pèlerinage à moi et je commence à y avoir mes habitudes et mes endroits. Avignon, Uzès ou encore Arles, je m’enivre de culture, de rencontres et de bons produits du terroir. »  Sa Provence donc, Nicolas Maury nous invite à l’arpenter à la façon de Bernardo Soares, personnage principal de Fernando Pessoa dans son ouvrage « Le livre de l’intranquillité », « sillonner les rues, changer d’hôtel, se réveiller là un matin, en partir le soir ». Se sentir un peu migratoire, de passage, se laisser surprendre par les villes, et s’offrir le loisir d’y prolonger les choses, d’expérimenter. « Pour cela, il faut se dépeupler, comme le dit une très grande écrivaine, parce qu’on arrive avec notre peuple à nous, notre bruit du monde. Se dépeupler pour laisser quelque chose de vacant, de disponible en soi, et être prêt à vivre et faire des choses qu’on imaginait pas forcément, qu’on attendait pas soi-même ».

La ville d’Arles et ses arènes.

Ces expériences égrènent la philosophie du voyage de Nicolas Maury. Aller découvrir le Pont du Gard au lever du soleil, à rebours de l’affluence que génère ce site touristique historique, à 5h45 en plein mois d’août, lorsque le soleil commence doucement à caresser la pierre. Faire escale au très chic hôtel La Mirande à Avignon, le temps d’une nuit ou d’un café et oser rencontrer ce lieu, son style, son charme… « C’est une responsabilité de recommander un endroit, même pour sa famille ou ses amis, les moyens, les goûts, ne sont pas toujours les mêmes. Mais je pense qu’il y a plusieurs façons d’aborder un lieu, c’est ce que j’aimerais donner à voir. Essayer de comprendre l’exception de ce lieu, est-ce que c’est exceptionnel parce que c’est luxueux, moi je ne crois pas, ou est-ce que c’est exceptionnel parce qu’on se met à le regarder comme personne ne l’avait regardé auparavant… ». Se perdre dans les rayonnages d’une friperie à Uzès et prendre le pouls de la ville. « Ces endroits là m’émeuvent, confie Nicolas, parce qu’ils recèlent de fictions, riches de vraies vies passées. Les brocantes sont les poumons des lieux, des régions, les traces du temps, de l’histoire. » Et s’attabler, sous les arcades de la place aux herbes à Uzès pour déguster un merveilleux croque-monsieur en refaisant le monde, ou en imaginant la journée du lendemain, avec pour seul mot d’ordre, les mots de Roland Barthes dans son discours au Collège de France, que Nicolas Maury nous rappelle, « vivre, avec le plus de saveur possible ».

Vue depuis le Pont du Gard.

Les adresses en Provence de Nicolas Maury

Arles

L’hôtel du cloître 

« Le charme au coeur d’Arles. On y va pour l’accueil, la modernité de l’endroit, et la situation en centre-ville, super pour les visites. »

16-22 Rue du Cloître, 13200 Arles.

Restaurant La Mamma

« Que dire à part que cette pizzeria fait le job : c’est très bon, l’addition ne pique pas. Service rapide et efficace. Une bonne adresse, idéale pour souffler entre deux visites, à deux pas des arènes ».

20 Rue de l’Amphithéâtre, 13200 Arles.

Une des tables vivantes du restaurant Les Insolents à Uzès.

La Chartreuse.

Uzès

Restaurant La Mamma

« C’est un endroit incroyable, organisé comme plein de petites scénographies de théâtre, un peu comme un studio de cinéma. Tout est très bien rangé, par style, avec des endroits un peu étranges, un peu fascinants, avec des animaux empaillés. C’est un lieu que j’aime beaucoup ».

21 Avenue Général Vincent, 30700 Uzès.

Restaurant La Famille 

« C’est un restaurant merveilleux, avec une cuisine sincère, généreuse, faite de produits d’une extrême qualité. Ils préparent l’un des meilleurs croque-monsieur que j’ai mangé, et leurs frites sont démentes. C’est le petit-fils de Jean-Louis Trintignant qui a ouvert ce lieu, sous les arcades de la place aux Herbes, c’est au frais, je ne m’en lasse pas ».

9 place aux Herbes, 30700 Uzès.

Friperie Chez Raymonde

« Ce n’est absolument pas une friperie où l’on peut dénicher des pièces vintage de luxe comme dans le 9ème à Paris, pas du tout, on y trouve des costumes incroyables, je pense que si Balenciaga ou Marine Serre débarquaient ici ils seraient fascinés. Forcément ce n’est pas cher, rien n’est organisé, mais la propriétaire sait très précisément où tout se trouve. C’est improbable, j’adore ».

Route d’Arpaillargues, 30700 Uzès.

Chambres d’hôtes L’Albiousse

« Le petit-déjeuner y est excellent, on le prend dans une cour intérieure très calme, très verte, superbe, comme hydratée de vapeur de vert, ce qui est incroyable car c’est au coeur d’Uzès qui peut être étouffante. L’établissement est tenu par un couple, les 5 chambres sont très élégantes, on sent que chaque objet a été choisi avec soin au fil de leurs voyages. Ca me fait penser aux hôtels d’écrivains ».

17 Rue du docteur Blanchard, 30700 Uzès.

Café de l’Oustal

« C’est un endroit populaire, très lié à mon ami Guillaume. On y va en fin de journée prendre un spritz ou une bière, c’est un rendez-vous ce lieu, où l’on rencontre des familles, des gens qui ont trop bu, où l’on se risque à être d’accord ou à ne pas être d’accord, on est vraiment au coeur de la vie. J’ai des souvenirs de soirées extrêmement drôles ici ».

23 Place aux Herbes, 30700 Uzès.

Les Insolents

« L’adresse est géniale, on y sert du vin nature, du pétillant naturel délicieux, la carte n’est pas en reste, simple et savoureuse. Ce sont les mêmes propriétaires que ceux du bistrot Aux deux amis à Paris, rue Oberkampf ».

5 Boulevard Victor Hugo, 30700 Uzès.

Restaurant La Famille à Uzès.

Une des chambres de la maison d’hôtes l’Albiousse.

Avignon

Hôtel La Mirande 

« C’est pour moi l’un des plus beaux hôtels au monde. Il se trouve en bas de la cour d’honneur du Palais des papes, où j’ai joué, et qu’il ne faut pas manquer non plus. Il y a un énorme salon avec de lourds rideaux en velours et de toute petites lampes indirectes, ça fait très Proustien, c’est vraiment pour moi la délicatesse à la française. La table est très bonne aussi. Dormir dans ce lieu, s’y réveiller, avec ce soleil frappant le matin, c’est exceptionnel ». 

4 Pl. de l’Amirande, 84000 Avignon.

La Chartreuse

« Un lieu à découvrir. C’est une résidence d’écrivains depuis très longtemps, j’y suis allé avec des auteurs de théâtre comme Philippe Minyana ou Noëlle Renaude. C’est un ancien couvent donc l’endroit est fait de petites cellules. Il y a de sacrées vibrations là-bas. L’espace joue sur le dedans et le dehors, les repères sont bousculés. C’est à Villeneuve-lès-Avignon exactement, et c’est intéressant car cette ville c’est un peu la petite soeur qu’on cache, à tort, c’est une sacrément jolie ville avec sa charmante place, et ses bonnes adresses qui fleurissent. Il m’est souvent arrivé d’aller m’y réfugier pendant le Festival pour y trouver un peu de calme ».

58 Rue de la République, 30400 Villeneuve-lès-Avignon.

La friperie Chez Raymonde à Uzès.

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