Originaire d’une petite ville d’Écosse, Steven John Clark quitte les bancs de l’école à l’âge de 16 ans pour suivre une formation de tailleur de pierre. Quoique passionné, le jeune homme réalise rapidement que la vie simple et paisible d’un artisan à la campagne ne sera jamais à la mesure de ses ambitions… Aspirant à un environnement culturel plus riche et intense, iI quitte sa ville natale pour Glasgow, où il étudie la mode et le design textile, avant de rejoindre la Manchester Metropolitan University afin de compléter sa formation avec l’apprentissage de la broderie. C’est alors qu’une opportunité va, une nouvelle fois, l’entraîner dans une direction inattendue…

« Ellie » est une table d’appoint ornée de volants légèrement asymétriques.

Le jeune homme se voit en effet offrir une place dans une équipe de football en Australie. Une échappée belle à l’autre bout du monde qu’il s’accorde comme une ultime escapade avant de se lancer définitivement, quoique à contre-coeur, dans la vie active à Londres. Mais c’était sans compter sur le pouvoir d’attraction de l’île et de son mode de vie, dont Steven et sa femme Bobby, qui l’accompagne, tombent littéralement amoureux. Après avoir travaillé comme tailleur de pierre pendant cinq ans, Steven s’y installe définitivement. En octobre 2016, il fonde son propre studio, denHolm, en hommage à ses racines, à Melbourne. Rapidement, il se distingue par son travail du calcaire australien et sa réputation dépasse les frontières de l’île… “Un jour, une amie m’a demandé de lui sculpter un socle”, se souvient-il. “J’ai donc imaginé une pièce, en m’inspirant de Brancusi, dont je savais qu’elle aimait le travail, sans me douter un seul instant qu’elle remporterait un tel succès. Après cela, soudainement, le monde est devenu fou !” s’amuse t-il.

Soucieux de proposer une alternative au design industriel, trop lisse et uniforme, Steven poursuit désormais son travail personnel de peintre et de sculpteur en son nom, et dédie son studio à la conception de meubles et d’objets aux frontières de l’art contemporain…. “Chacune de nos créations est unique, car elle porte la trace des mains des hommes qui l’ont fabriquée”, souligne-t-il. “Nous n’essayons pas d’être parfaits, loin de là : nous aimons et intégrons nos erreurs dans le processus de fabrication. C’est ce qui fait la dimension humaine de nos pièces.” Cet électron libre a fait de l’instinct et du mouvement sa marque de fabrique. Car s’il sculpte des pièces de mobilier, son mode opératoire, fluide et intuitif, est plus proche de celui d’un artiste. “Je pars d’une idée, qui évolue selon mon instinct, ou je me laisse guider par la pierre, en suivant ses aspérités, l’une après l’autre”, explique t-il. Et même s’il se plaît parfois à esquisser un croquis avant de sculpter la matière, le dessin n’est jamais pour lui qu’une intention de départ qu’il s’offre la liberté de faire évoluer, à tout moment, dans une direction ou une autre.

A droite : guéridon monumental réalisé par l’architecte d’intérieur Alicia Holgar.

Son atelier est à l’image de son travail : un espace de création libre et spontané, en constante évolution, où Steven et ses collaborateurs dessinent sur les sols et les murs, s’expriment sans retenue et, avant tout, s’amusent. “Je veux que les gens qui viennent travailler chez denHolm, moi y compris, se rendent à l’atelier par plaisir et non par obligation… Je ne peux rien imaginer de pire que de devoir me rendre sur mon lieu de travail, chaque jour, contraint et forcé”, conclut-il. Un studio conçu sur le principe d’un perpétuel “work in progress”, comme il aime à le qualifier, et dont le travail s’exporte désormais à travers le monde.

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