Ce matin de printemps, les rayons du soleil illuminent le vaste appartement parisien où Emane de Malleray habite en famille. Quelques étages en dessous, la vie s’agite sur cette grande artère du 18e arrondissement de la capitale. Il règne pourtant une atmosphère douce et paisible dans cet espace dont les murs sont habillés de moulures, de travertin ou de marbre. Un appartement personnel et précieux, où l’entrepreneure passe le plus clair de son temps. Auparavant à la tête du label de pyjamas Adri en duo avec sa sœur, la créatrice réalise désormais des papier-peints sur mesure dans le bureau qu’elle s’est aménagé chez elle. Des pièces aux dessins où s’affichent la faune et la flore, dans un esprit qui rappelle le style du Douanier Rousseau. 

Vous déménagez beaucoup, quel rapport entretenez-vous avec votre intérieur ?

Nous déménageons effectivement assez souvent, mon mari et moi partageons un véritable attrait pour les sujets liés au beau en général et à la décoration d’intérieur en particulier. Changer régulièrement d’appartement nous offre l’opportunité de réinventer totalement un nouveau lieu, de nous l’approprier, de faire évoluer nos goûts et nos envies ou de tester de nouvelles idées. Un nouveau projet d’intérieur est comme un champ d’exploration, le but est de créer une atmosphère qui nous ressemble et dans laquelle nous nous sentirons bien.

Quelle est la pièce maîtresse de votre appartement ?

Je n’ai pas l’impression qu’il y ait vraiment de pièce maîtresse dans l’appartement. Je pense que la façon dont j’apprécie telle ou telle pièce est directement liée à ce que j’y fais. C’est pourquoi il m’a toujours semblé important que chaque pièce ait une fonction bien précise. Cela dit, si l’on se place d’un point de vue strictement esthétique, je crois que la salle à manger est la pièce la plus réussie. J’aime particulièrement l’harmonie des matériaux que nous avons utilisés, l’aspect lisse et doux du travertin au mur, le toucher rêche de la toile de jute qui gaine la double porte, le poli du bois de la table. J’aime aussi la façon dont les couleurs résonnent entre elles, ces tons crème, beige et brun et le vert foncé des plantes qui vient trancher sur ce camaïeu, ça m’enchante.

A gauche : dans le salon, un tableau dissimule la télévision.

Passez-vous beaucoup de temps chez vous ?

Je passe énormément de temps chez moi car je travaille ici. Je suis une solitaire, j’adore être seule, c’est comme ça que je me ressource. Un des meilleurs moments de la journée, c’est quand je ferme la porte d’entrée après avoir embrassé mari et enfants qui partent pour l’école ! L’appartement retrouve enfin tout son calme (je précise que j’ai trois garçons…), je range en vitesse ce qu’ils ont pu laisser traîner et là, je suis proche de la béatitude. Ensuite je m’enferme dans mon bureau pour travailler, c’est là que je passe le plus clair de mon temps bien sûr, mais quand je suis dans une période de dessin, j’aime aller où la lumière est la meilleure, j’apprécie particulièrement de dessiner dans la salle à manger, elle est très lumineuse, la table est grande, la pièce est calme, en ordre, tout ce dont j’ai besoin dans ces moments là, chez moi, le dessin exige beaucoup de concentration.

Mélange des genres dans la salle à manger avec une table en bois et des chaises en métal

Comment vous appropriez-vous un nouvel espace ?

Je crée des papiers peints, j’ai donc souvent décortiqué ce principe d’appropriation d’un lieu pour savoir par quoi il passait, car c’est une question à laquelle je suis confrontée quotidiennement dans mon travail. Chez nous l’appropriation passe généralement par une réfection totale. Nous n’achetons que des appartements où tout ou presque est à refaire. Tout d’abord parce que l’idée de casser quelque chose en état me dérange un peu, mais surtout pour pouvoir nous approprier le lieu justement. L’appropriation passe ensuite par l’application de certains codes que nous avons créés au fur et mesure des déménagements. Changer le plan initial, le rendre fonctionnel et cohérent avec la composition de la famille est très important, les chambres d’enfants doivent surtout être loin des pièces à vivre, nous voulons pouvoir faire du bruit le soir avec nos amis sans craindre de les réveiller !
Avoir une cuisine suffisamment grande pour y prendre des repas et organiser si possible une enfilade avec les trois pièces de vie, pour créer une perspective. Bien choisir les revêtements, muraux notamment, encore une déformation professionnelle ! Dessinant du papier peint toute la journée, j’ai besoin de choses très neutres chez moi, du coup nous utilisons beaucoup la pierre, c’est plus vivant et parfois plus subtil qu’un tableau, et super pratique à entretenir.
Mon intérieur doit avant tout être inspirant et serein. Quand je suis chez moi, où que je pose les yeux, j’ai besoin d’ordre et d’harmonie, c’est très important. Nos proches nous disent souvent « mais il n’y a rien chez vous, jamais un truc qui traîne. », c’est assez vrai, là encore, nous sommes assez alignés avec mon mari, nous ne laissons rien traîner, seul reste l’essentiel, enfin ce qui l’est pour nous.

Les murs de la salle à manger sont habillés de travertin.

Votre décoration est-elle en constante évolution ou statique ?

Mon travail est par essence lié à un besoin ou une envie de changement de décor. Je suis confrontée à ce désir de renouvellement très régulièrement via mes clients. Je pense qu’à force, une sorte de réflexe inverse s’est imposé à moi et j’ai de moins en moins besoin de voir évoluer mon propre intérieur, le principe du cordonnier mal chaussé peut-être ? Du coup, une fois arrêtés, les choix décoratifs restent, seuls peuvent changer parfois, un objet ou une pièce de mobilier chinée quelque part. C’est aussi une des vertus du changement d’appartement, c’est une page blanche qui nous permet de remettre certains choix en question et de faire évoluer notre vision.

Le bureau où Emane De Malleray gère son entreprise de papier-peint.

Quelles sont vos bonnes adresses pour chiner ou acheter du mobilier neuf ? 

Pour ce qui est du mobilier neuf, nous n’en achetons pas. Là encore, le besoin de personnalisation et d’appropriation est trop important, acheter du neuf rend la chose plus difficile. Nous chinons à peu près tout, objets, mobilier, revêtements… Nous allons bien sûr de temps en temps à Saint-Ouen, aux Puces de Vanves aussi pour lesquelles j’ai une préférence car pour découvrir un trésor j’aime avant tout fouiller, c’est moins réjouissant quand on vous le sert sur un plateau.
A Paris, les petites brocantes de quartier recèlent souvent des pépites et nous aimons particulièrement une brocante permanente qui se trouve dans la banlieue d’Angers (nous avons une maison de campagne juste à côté) où nous trouvons régulièrement des choses dingues. Dès que nous allons à la campagne, nous y courrons et sommes rarement déçus, nous y avons meublé la quasi-totalité de notre maison !
Ma belle famille a une maison dans le Lubéron, la région regorge de brocantes toute l’année et on y trouve également des merveilles. Pour résumer, je ne crois pas vraiment aux bonnes adresses, chiner c’est toujours une question d’opportunité et surtout d’œil bien ouvert.

Sur quels projets travaillez-vous actuellement ?

J’ai créé ma marque de papier peint Emane il y a un peu plus de deux ans. J’ai démarré de façon assez confidentielle en vendant mes collections uniquement sur Instagram, cela m’a permis d’avoir du temps pour réfléchir à la direction que je voulais donner à la marque tout en me frottant au marché.
Je propose avant tout des modèles que l’on personnalise, tout comme j’ai besoin de m’approprier mon intérieur à travers tel ou tel choix, j’ai vite senti le besoin, en dessinant les collections, d’apporter cette forme de souplesse à mon offre. Vendre du papier peint au rouleau n’est pas vraiment mon but, ce que j’aime c’est personnaliser la création pour qu’elle s’adapte au mieux à l’intérieur de chacun.
Mon dernier projet est donc la réalisation de mon site, je viens d’y passer ces trois derniers mois. C’est un très gros travail, cela impose de structurer toute la collection et pousse à répondre à des questions fondamentales sur la marque et son identité. Le site vient juste d’être mis en ligne et je suis assez contente du résultat. Sinon, nous démarrons un nouveau projet immobilier, nous venons de signer la promesse d’achat d’un nouvel appartement, si tout va bien, nous y emménagerons l’hiver prochain après 5 mois de travaux.
Pour la petite histoire, quand nous avons dit aux enfants lors de la seconde visite que nous allions acheter cet appartement, ils ont répondu « Quoi ?! Cet horrible appartement ? », il y a effectivement beaucoup de travaux à prévoir, tout ce qu’on aime.

Le réfrigérateur personnalisable Bespoke par Samsung.

La cuisine paraît spacieuse, est-ce un endroit où vous passez du temps ?

Je passe effectivement beaucoup de temps dans la cuisine, j’y déjeune presque tous les jours si je ne suis pas dehors, c’est un moment précieux. Je coupe avec le travail l’espace d’un repas, il n’y a pas de bruit, tout est calme, j’écoute un podcast en déjeunant, un petit moment pour moi. C’est très différent quelques heures après au moment du dîner des enfants. Là c’est presque une autre pièce, ils aiment beaucoup cuisiner avec moi, le vacarme s’installe, c’est très joyeux et très bruyant. Parfois, nous aimons bien aussi y dîner avec des amis, c’est beaucoup plus intime que la salle à manger, plus chaleureux.
La taille de cette pièce permet d’accueillir le réfrigérateur Bespoke de Samsung. Je suis fan ! Je trouve qu’il allie esthétique et fonctionnalité de façon ingénieuse. L’idée qu’un appareil électroménager sorte de sa condition et devienne une pièce de mobilier à part entière m’a séduite, la cuisine moderne ne permet plus vraiment l’ajout de meubles car tout est encastré. J’aime aussi son format généreux et j’apprécie également qu’il se fonde dans le décor, la couleur des façades se marie parfaitement avec les veines beiges et roses du plan de travail et cela crée une belle harmonie. Il a également une fonction modulable qui lui permet de s’adapter aux besoins de chacun pendant longtemps. 

Les murs de la cuisine sont recouverts de marbre. Emane De Malleray a choisi de décorer cette pièce avec des toiles anciennes disposées sur une étagère filante.

Votre recette facile à improviser ?

J’aime bien cuisiner des choses toutes simples avec du goût. Des produits frais (j’adore aller au marché), des associations qui fonctionnent en bouche mais aussi dans l’assiette, car bien sûr le coup d’œil c’est important aussi. J’aime bien faire cette salade de mangue en entrée, je la coupe en tranches pas trop fines, et je viens l’arroser assez généreusement de sauce soja, j’ajoute du piment rouge frais et de la coriandre, c’est tout et c’est délicieux.

Aimez-vous recevoir ?

J’adore recevoir ! Le week-end, si nous ne sortons pas, nous avons automatiquement des amis à dîner. Je trouve que c’est une super façon de se voir, différent d’un restaurant, plus intime. Je pense aussi que c’est important pour les enfants, j’ai à cœur de leur inculquer certaines valeurs, notamment celle de l’accueil. La maison doit donc avant tout être un lieu ouvert, un lieu convivial, où l’on se rencontre et où l’on échange.

Article en partenariat avec Samsung.

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