Dans la famille de Julia Sammut, on a la gastronomie dans le sang. Logique donc que cette journaliste culinaire se reconvertisse en épicière de génie dans son QG marseillais au cœur du vibrionnant quartier de Noailles. Du 8 au 18 novembre, elle prend ses quartiers d’automne dans les cuisines de Merci à Paris pour une résidence qui promet d’être ensoleillée !

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À l’issue du dîner de présentation de sa prochaine résidence chez Merci, elle dansait à s’en déboîter les hanches. “J’ai deux passions dans la vie : la cuisine et la danse. Chez mes parents, on ne terminait jamais un repas sans danser.” Si elle est d’autant plus à l’aise ce soir-là, c’est que le contact chez Merci s’est très bien passé. “On a été reçus comme à la maison. J’ai hâte de commencer. On va proposer une cuisine de saison, sans frontières. Et faire découvrir des produits. Ce que l’on fait à l’épicerie, en fait.”
L’Épicerie L’Idéal, son fief marseillais. Son refuge de la rue d’Aubagne dans le quartier de Noailles, ventre gourmand de la ville avec ses boutiques dégoulinant sur le trottoir de trésors orientaux, et lieu de sa renaissance, il y a quelques années, en épicière épanouie. “Ce quartier me fait vibrer. Intérieurement, je suis tellement orientale ! À l’inauguration de l’épicerie, tous les gens du quartier sont venus m’acheter un produit pour me porter chance.”
Il y a quelques années, quand elle a posé ses casseroles dans ce coin populaire de la ville, beaucoup furent sceptiques. “C’était ce quartier ou rien. Je suis consciente d’avoir contribué à la gentrification de Noailles, mais c’était important pour moi. Et si cela n’avait pas marché, je serais partie à Palerme ou à Tunis.”

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Quand l’idéal devient réalité
Sur le trottoir, au no 11, devant la devanture très “méditerranéenne” de sa caverne d’Ali Baba, seulement quelques tables pour siroter son café ou un verre de rosé. À l’entrée, une table d’hôtes format XXL “pour accueillir tous les amis”, suivie d’une longue salle avec des rayons pleins à craquer de bocaux gourmands, flacons inconnus, juteux agrumes, rares huiles d’olive, conserves, charcuterie, fromage… Lieu de perdition totale pour foodie en goguette.
“Julia est capable de faire huit heures de route pour aller dégoter un artisan ou un petit producteur. Je ne connais personne qui possède une telle maîtrise des produits. C’est une geek, elle a une connaissance encyclopédique de la bouffe, mais aussi un lien très charnel avec la cuisine”, raconte Marine Bidaud, associée du Fooding, là ou elles ont débuté ensemble avant de devenir amies. Sa cuisine est
“méditerranéo-centrée” aux influences orientales mais pas que. “Si je manque de harengs fumés, je n’existe pas. Hier, on a reçu un nouveau tofu, ça m’excite beaucoup !” confie Julia. Tout l’inspire, le moindre produit dégoté au fin fond de l’Espagne, l’huile d’olive produite dans le talon de la botte, la petite herbe cueillie à la campagne. “C’est terrible, quand je goûte un plat, j’ai une sensation tellement forte que ça annule la précédente ! Je suis toujours en montée de bouffe, c’est un enfer ! (rires)”

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Un héritage culinaire familial
Son père tunisien cuisinait à partir de ses souvenirs. C’est lui qui a initié Reine, la mère de Julia et Vosgienne de naissance, à la cuisine méditerranéenne. Une passion devenue une vocation puisqu’elle est désormais cheffe étoilée depuis vingt ans à l’Auberge La Fenière à Lourmarin. Biberonnée à la bonne chère, Julia, haute comme trois pommes, se planque dans la cuisine de sa mère pour y dérober des denrées. Des souvenirs gustatifs qu’elle raconte aujourd’hui à son équipe. “Parfois, je leur parle d’un plat que j’ai mangé et qui m’a marquée et ils me font la surprise de me le cuisiner, c’est extraordinaire !” s’amuse-t-elle. Tout la passionne, de la plus petite anecdote d’un client qu’elle a accueilli à la vie des paysans et artisans à qui elle rend visite. Elle est à l’affût du moindre produit qui pourrait faire la différence et traîne sa gracile silhouette et son rire contagieux chez les commerçants de la ville. À la question : de quoi auriez-vous besoin pour être totalement comblée ? Elle répond avec assurance : “Absolument rien. Désormais, je fais ce que j’aime en étant en contact avec les clients. Je ne sais jamais de quoi demain sera fait. C’est le bonheur.”

 

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Texte : Mina Soundiram – Photos : Charlotte Lapalus
L’Epicerie Idéale, jusqu’au 18 novembre chez Merci, 111 Boulevard Beaumarchais, 75003 Paris

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