Née à Sao Paulo, Nadia Yaron a grandi à New York. Alors qu’elle était auparavant tisserande, l’artisane a pris ses dernières années le chemin de la sculpture. Tout a commencé lorsque l’un de ses voisins qui venait de couper son érable lui a fait don de quelques bûches. À l’aide d’une tronçonneuse, elle s’est mise à tailler le bois dans le sous-sol de son immeuble pendant que ses enfants dormaient et est immédiatement tombée amoureuse de ce matériau. Son rêve de campagne s’est réalisé quelques mois plus tard lorsqu’elle a quitté Brooklyn pour s’établir, en famille, à Hudson dans le nord de l’État. Séduits par une ferme du 19e siècle, son compagnon et elle l’ont rénové peu à peu. Son atelier, installé dans une grange, est en lien direct avec la campagne environnante : un écrin idéal pour sculpter des œuvres aux formes organiques semblables à des animaux ou plus géométriques. Dans un coin de ce studio où Nadia passe ses journées, un poêle à bois minimaliste s’attelle à réchauffer les lieux tandis qu’une suspension d’Isamu Noguchi trône sous le haut plafond. Le long des murs, les pièces en cours de fabrication s’accumulent comme dans une galerie en perpétuel mouvement. S’il lui arrive de travailler la pierre, Nadia a une prédilection pour les bois locaux comme le chêne, le noyer, l’érable et le cerisier. Elle conçoit ainsi son propre mobilier allant d’un banc à un miroir en passant par une table basse. Pareilles à des totems, ces sculptures d’exceptions sont elles aussi taillées à la main. Chaque pièce est fabriquée séparément et la créatrice s’amuse parfois à les empiler les unes sur les autres et sans attache, convaincue que si l’œuvre doit exister elle se maintiendra par elle-même. Un véritable artisanat de collection.

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Texte : Hélène Rocco. Photos : Martien Mulder.

nadiayaron.com 

 

 

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