En ouvrant la boutique Sessùn Alma à Marseille, Emma François – fondatrice de Sessùn – partage un art de vivre moderne, à travers une fine sélection de créations artisanales. Pour étoffer ce nouveau terrain de jeu, elle a imaginé une mini-série de pièces domestiques, composée d’une tasse, d’un bougeoir et d’un miroir, à l’âme intemporelle. L’occasion de revenir sur ce nouveau processus de création, 100% made in France, qui ouvre un peu plus le terrain d’expression de la marque. Rencontre.
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Propos recueillis par Adel Fecih

Sessùn Alma propose sa première série d’objets en céramique. Comment êtes-vous passé de la curation à la création d’objets ? 

De façon tout à fait naturelle et spontanée ! Sessùn Alma est l’écrin parfait pour accueillir des mini-séries. C’est un terrain qui nous permet d’expérimenter et de sortir de la production à grande échelle. Aussi, beaucoup de nos clients avaient envie de découvrir des pièces estampillées Sessùn Alma. Nous avons simplement décidé de nous laisser aller.

Qu’aviez-vous envie de partager avec cette première collection ? 

J’ai imaginé cette collection en collaboration avec Emmanuelle Oddo, curatrice de Sessùn Alma et fondatrice de Pièce à part. On a fusionné nos envies et nous nous sommes arrêtées sur trois modèles : une tasse, un bougeoir et un miroir. Le miroir joue sur un contraste de matières avec, d’un côté, l’aspect organique de la terre brut, et de l’autre, le cercle émaillé au coeur du miroir. Pour le bougeoir et la tasse, on a trouvé un émail irrégulier, un brun hyper chaleureux qui évoque un peu les sous-bois. Ensuite, on a réfléchi à cette forme organique, aux inspirations 70’s. Ces pièces mélangent des propriétés fonctionnelles et une touche plus décalée avec cette large anse. On ne voulait pas tomber dans quelque chose de trop précieux.

 

Avec Sessùn Alma, vous aviez envie de prendre un tournant plus lifestyle ? 

Plus expérimental, je dirais. C’est un projet lié aux rencontres. J’avais envie que la boutique s’installe à Marseille pour endosser un rôle d’acteur culturel et social. Le désir de créer des ateliers, des tables rondes et multiplier les raisons de se rencontrer autour de la matière, l’artisanat et les possibles changements de vie. Alors oui, Sessùn Alma nous donne une autre lecture de notre propre activité et nous invite à repousser les limites. On a envie de travailler avec des usines traditionnelles locales. Ça ne s’arrête pas qu’au lifestyle, c’est un projet qui permet de s’ouvrir aux petites séries qualitatives et la joie de tisser des liens.

C’est un concept que vous aimeriez développer ailleurs ? 

Je suis partagée. Oui, j’ai envie de le développer, car c’est une expérience qui donne du sens, mais si je le décline, je peux également perdre l’originalité du projet. C’est une question d’équilibre qui demande du temps. Prochainement, nous ouvrons une boutique à Madrid, en collaboration avec Gabriel Escamez, où nous allons mettre en avant l’artisanat espagnol. L’idée est de faire des lieux qui nous ressemblent, sans les dupliquer. Sessun Alma doit garder son caractère unique.

Avez-vous une obsession décorative ? Je crois que j’en ai beaucoup (rires). Déjà, de la même façon que j’aime associer plusieurs matières dans un vêtement, j’aime associer les objets. De ce côté, je ne suis absolument pas minimaliste. J’aime accumuler et imaginer des compositions pour créer l’inattendu.

Votre dernier coup de coeur ? Les peintures de Nicolas de Staël et Milton Avery. Ce sont mes dernières obsessions.

Votre premier choc esthétique ? Alors, j’en ai deux. Le premier était à mes huit ans, je me suis presque évanouie devant l’Hérmès de Praxitèle à Delphes. Mes parents se moquaient de moi, car je suis resté assise, devant l’Hermès, et personne ne pouvait me décoller du siège. Sinon, lorsque j’étais plus âgée, le fauteuil en rotin de Janine Abraham. L’un de mes premiers achats de design.

La pièce que vous rêveriez d’avoir ? Une sculpture de Brancuzi ? (Rires) Je vais de temps en temps à son atelier à Beaubourg et je ne m’en lasse pas. Si je pouvais avoir l’une de ses sculptures, je passerais mon temps à la caresser. C’est l’effet que me fait également l’oeuvre de Valentine Schlegel. Ce sont des oeuvres sensorielles.

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Des pièces disponibles chez Sessùn Alma, 127 Rue Sainte, 13007 Marseille

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