Chez Valentin Loellmann

À l’ombre des glycines qui embaument le jardin, cette maison se vit comme un havre de paix et d’inspiration, écrin serein où Valentin Loellmann coule des jours heureux avec sa femme Jip Linckens, illustratrice de livres pour enfants, et leur petite fille Filipa.

 

Idéalement située dans la plus belle et plus ancienne rue de Maastricht, face à la rivière, cette ancienne écurie a tapé dans l’œil du créateur voilà trois ans. Le fait qu’elle soit classée aux Monuments historiques, qu’elle ne dispose ni d’eau ni d’électricité, n’a pas découragé Valentin qui s’est lancé dans sa réhabilitation avec sa compagne. Aidé par son père et quelques amis, il a façonné cette maison sans plan, à l’intuition. Aujourd’hui, la bâtisse affiche des airs d’habitation troglodytique avec ses larges lattes de parquet blond s’étirant d’un seul tenant du salon à la cuisine, son ambiance monacale, et ses murs à la chaux, aux lignes arrondies et aux contours volontairement incertains. Ici, pas de plinthes, le mur “coule” sur le sol. Traversé par la lumière, l’intérieur est fait d’alcôves et de recoins, pour s’abriter, s’isoler, et goûter au silence de la forêt environnante. Comme une cabane tranquille et chaleureuse. Avec, d’un côté, la vue sur le canal et sa lumière laiteuse, et, de l’autre, le jardin ombragé et sa piscine bleu Majorelle.

 

Meublé par les créations de Valentin et ponctué des illustrations de Jip, l’intérieur se compose de pièces sensibles et de caractère, d’icônes du design et d’objets familiaux dispersés ici et là. À l’étage, la chambre du couple, garnie de parquet noir, s’ouvre totalement sur l’extérieur et la forêt environnante, grâce à sa grande baie qui surplombe le jardin et la piscine. “Les reflets changeants de la lumière sur l’eau, le vent, la végétation, sont parties intégrantes de mon équilibre. J’ai été élevé dans une grande maison à la campagne, j’aime profondément la nature, elle m’apaise et m’inspire continuellement.”

Aucun détail n’a été laissé au hasard par celui qui aime imaginer des lieux à vivre depuis son enfance. “Ce qui m’intéresse, ce n’est pas tant la pièce que je crée, mais c’est ce que j’y investit. Mon énergie positive. Mes pièces sont conçues comme de la haute couture. L’intérieur des placards, ce que l’on ne voit pas est tout aussi abouti que l’extérieur, comme ma maison”, explique l’artiste de 35 ans auréolé de succès et comblé par la naissance de sa fille. Le matin, ensemble, ils partent se promener le long du canal, sous les arbres. Un moment de calme avant de retrouver son atelier avoisinant où l’attend son équipe pour réaliser les commandes de galeries internationales. Il prépare d’ailleurs, en cette rentrée, deux grandes expositions dans la capitale britannique, l’une dans le cadre du PAD London, la seconde durant la Design Week et Frieze London, où il exposera des pièces sculpturales à la Blue Mountain School.


Pour plus de renseignements, rendez-vous sur valentinloellmann.de
Production et texte : Anne Pericchi-Draeger – Photos : Anne-Emmanuelle Thion

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