“Lorsque nous avons eu notre premier enfant, nous avons commencé à manquer de place, explique Sarah. Mon mari travaillant à Soho, il devait pouvoir faire la navette tous les jours. En cherchant des lieux à moins d’une heure de Londres, nous avons découvert Brasted. Ce fut le coup de foudre.”

 

La maison dans laquelle ils s’installent est classée. La moitié date du xve siècle, les poutres remontent à 1430, et l’autre partie est une extension ajoutée dans les années 1970. “Nous n’avons pas réalisé d’importantes modifications, confie Sarah, nous avons refait la salle de bains, accroché pas mal de choses aux murs, et changé une affreuse moquette rose. C’est tout.” La pièce où son studio est aujourd’hui installé était une boutique. “Lorsque nous avons acheté cette maison, avec cette grande pièce à l’avant, j’ai tout de suite su que j’allais y installer mon atelier. La lumière y est incroyable. C’est une chance d’avoir un tel espace, c’est un endroit vraiment stimulant. Je pense d’ailleurs que cela a une influence sur mon travail, la maison et l’atelier font partie intégrante de mon processus créatif, et je crois que, si je déménageais dans une autre maison, ma créativité serait différente.”

Sarah est une artiste. Elle a notamment travaillé pour Thomas Heatherwick, Ilse Crawford ou encore Faye Toogood. C’est d’ailleurs dans le cadre d’une exposition organisée par cette dernière, “Nearness”, en octobre 2017 à la galerie House of Toogood, que nous avons découvert son travail. Des pièces graphiques, tout en formes et matières, comme des sculptures à poser ou à mettre au mur. Son inspiration ? Elle la tire d’objets disposés en nature morte. De petites installations qu’elle conçoit, agence et déplace selon son inspiration, jusqu’à ce que la composition lui plaise, qu’elle y trouve du sens. Il faut dire que la maison est remplie de petits objets qu’elle aime collectionner à cet effet. Des dents de requin, des morceaux de métal, des éclats de météorite, des céramiques… Ils sont une source d’inspiration infinie pour Sarah, qui réalise des croquis des associations qu’elle met en place.

 

Munie d’un morceau de papier et d’un crayon, elle s’attable à sa planche à dessin des années 1920 et commence à tracer les figures qu’elle observe. Elle esquisse les contours, comme les ombres, jusqu’à représenter un ensemble de formes, ou un assemblage, qu’elle va ensuite matérialiser en objet, à partir de carton, de bois, de caoutchouc ou de cuir. Sarah a même dernièrement fait quelques essais particulièrement réussis en céramique. “Je suis naturellement attirée par les matières brutes, simples, aux finitions assez mat”, raconte-t-elle. Ses créations invitent souvent à l’interaction, car certains composants peuvent pivoter ou être déplacés. “J’aime ce côté ludique, le fait que les gens puissent interagir avec l’art, en déplaçant des éléments pour créer un nouvel assemblage personnel.” Next step ? Sarah est fortement influencée et inspirée par le travail du sculpteur britannique Anthony Caro, alors le métal plié pourrait bien être sa prochaine aventure…


Texte : Laurine Abrieu – Photos : Romain Ricard

©






 

SUBSCRIBE:  DIY & Craft feed | Home & Garden feed Fashion & Style feed

 

Related Post: