Juste au-dessus de sa Maison d’art située dans le 9e arrondissement de Paris, Amélie du Chalard vient de terminer les travaux de son nouvel appartement, réalisés en collaboration avec les architectes de Batiik Studio. Un espace rare, tout en volume et lumière, aux originaux traitements de matière. Terrain de jeu idéal pour la galeriste qui y met savamment en scène sa collection d’œuvres.

L’histoire de cet appartement est intimement lié à celle de la galerie. C’est lors des travaux qu’elle réalise juste au-dessous, pour sa Maison d’art, qu’Amélie découvre le lieu. Un espace vide, complètement dans son jus, qui fut une ancienne librairie-bibliothèque entre les années 1940 et 1970, puis l’appartement-atelier d’un peintre, avant de rester en vente durant des années. Derrière les nombreux rangements et étagères qui ponctuent l’espace en mauvais état, la galeriste perçoit immédiatement le potentiel du lieu, avec ses verrières, sa hauteur sous plafond de 9 mètres et ses murs XXL. Pour l’aider à mener à bien ce nouveau projet, Amélie du Chalard fait appel à Batiik Studio, fondé par Rebecca Benichou, avec qui elle a déjà travaillé pour sa galerie.

 

Le parti pris est simple : conserver le volume sans trop le diviser et imaginer un projet avec du caractère, tout en restant assez sobre pour accueillir les nombreuses œuvres de la maîtresse des lieux. Ainsi, à l’étage, la mezzanine existante a été déplacée, et accueille la suite parentale avec salle de bains et dressing. La cuisine a été placée au-dessous, ainsi que trois chambres, chacune dissimulée par une porte revêtue d’un cannage au tressage fin, et isolée par un malin jeu de sas-dressing en bois. Face à la cuisine, le salon et son immense verrière sont le centre névralgique de l’appartement. Un escalier en métal au dessin simple, pensé pour être le plus fin possible, relie les deux niveaux. “Avec toutes les œuvres d’art, il fallait une architecture minimaliste qui se fasse presque oublier”, explique Rebecca. “L’idée était de rester dans un espace relativement sobre, blanc, en jouant avec des matériaux chauds pour ne pas rendre le lieu trop glacial”, complète Amélie. Les murs étant dédiés aux œuvres, Amélie et Rebecca se sont amusées à jouer avec les matériaux et les matières. Vaste terrain d’expérimentation, les sols témoignent de leurs humeurs créatives. Ainsi, les carrelages graphiques et colorés de la marque italienne Fornace Brioni viennent habiller l’entrée et la mezzanine. Quant au salon, un béton ciré à la nuance grège légèrement teintée d’une touche de violet pour un rendu rosé, spécialement pensé pour le lieu, vient répandre une atmosphère douce et chaleureuse. La cuisine est, elle aussi, un exercice de style, avec son îlot au revêtement en acier corten patiné, puis teinté foncé, et sa table encastrée en pierre. Dans le salon, l’immense verrière est encadrée par des rideaux réalisés sur mesure par un des artistes représentés par Amélie, Jan Duruisseau. “Je voulais des rideaux pour réchauffer le lieu et structurer un peu cette verrière, explique Amélie. Ce sont de vieux lins dont il est venu tremper le bout dans un enduit réalisé à partir d’acrylique, de pigments et même d’un peu de matériau de construction.” Des niches ont été spécialement créées dans le mur pour accueillir et mettre en valeur les plus petites œuvres. Côté mobilier, les tables basses de Pierre Augustin Rose, un fauteuil en bois de Sergio Rodrigues, un canapé Living Divani ponctuent le décor. Une sélection de pièces qui font un bel acte de présence dans cet espace riche de créations. En prolongement évident, Amélie a récemment présenté sa première collection de mobilier et petits objets réalisée avec le collectif The Ladies’ Room. Des pièces à forte dimension créative, proposées en série très limitées, davantage considérées comme de l’utilitaire artistique que comme des objets d’art. À découvrir à la galerie, donc.




Texte : Laurine Abrieu – Photos : Karel Balas

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