Bureaux modernistes



En transformant un bâtiment bruxellois des années 1970 en un espace de coworking, Fosbury & Sons continue de prôner sa vision novatrice de la vie de bureau. Centrée autour de l’humain, celle-ci repose sur un espace de travail savamment pensé et au design soigné.

Maarten Van Gool et Serge Hannecart, les fondateurs de Fosbury & Sons, sont là pour révolutionner la manière dont on appréhende la vie de bureau grâce à des espaces de travail d’un nouveau genre. “Les besoins de la génération actuelle sont bien différents de celle d’il y a cinquante ans et doivent être envisagés différemment. Pourtant, force est de constater que l’organisation même du bureau n’a pas changé”, expliquent-ils. Leur idée ? Défendre une vision inédite et novatrice de l’espace de travail, en faisant du bureau un endroit où l’on prend plaisir à se rendre jour après jour, à la manière d’un restaurant ou d’un hôtel.

 

Un lieu de vie à dimension humaine
“Nous souhaitons opérer un changement dans la vie des gens en ayant un impact positif sur leur qualité de vie. Il est grand temps de prôner une vision positive du travail, loin des burn-outs et de l’absentéisme, qui sont des fléaux des Temps modernes…” En plaçant l’humain au centre de leurs préoccupations, Maarten et Serge cassent les codes. “Le bureau ne doit pas être une forteresse : on doit pouvoir y déjeuner avec ses amis ou sa famille. La frontière entre la vie personnelle et professionnelle est de plus en plus mince, mais s’il est courant de voir le travail s’inviter à la maison, le contraire est plus rare”, ajoutent-ils.
Porté par sa vision, Fosbury & Sons a d’abord inauguré un premier espace de coworking
à Anvers au sein de la tour Watt et vient tout juste d’ouvrir un nouvel espace situé chaussée de la Hulpe, à Bruxelles, à l’orée de la forêt de Soignes. Sans surprise, l’architecture et le design occupent une place prépondérante dans la manière dont Maarten et Serge conçoivent la vie de bureau : cette fois-ci, ils ont investi l’iconique immeuble CBR, bâtiment moderniste de l’architecte belgo-polonais Constantin Brodzki. Véritable chef-d’œuvre architectural, il se compose de 756 modules courbes en béton dotés de fenêtres ovales inspirées du Bauhaus. Étendu sur neuf étages – dont sept consacrés aux bureaux – et 7 000 m2, l’immeuble a été entièrement repensé par le duo d’architectes Going East.

 

 

Entre passé et futur
“Notre challenge était de rendre le bâtiment à la fois contemporain et intemporel, et que nos propositions se mêlent parfaitement à l’architecture existante”, expliquent Michiel Mertens et Anaïs Torfs, ses fondateurs. “Côté style, c’est un peu comme si le James Bond des années 1970 faisait un bond dans le futur et se retrouvait au Japon en 2019, sans pour autant tomber dans une surdose de vintage.” Pour ce faire, le couple intègre au design intérieur les matériaux de construction du bâtiment, tels que l’Inox ou le béton poli.
Entre lignes épurées et graphiques, mobilier à l’aspect vintage et matériaux chaleureux, les différents espaces de ce lieu propice à la créativité permettent tour à tour de se concentrer, de travailler dans le calme, de se rencontrer ou de se détendre. Il se dote ainsi de salles de réunion de luxe, d’un lobby spacieux, d’un auditorium avec écran géant… Sans oublier son propre restaurant, où sont élaborés chaque midi des plats sains et savoureux, ainsi que l’accueillant bar Giorgio qui culmine au huitième étage du bâtiment et offre une vue imprenable sur la forêt de Soignes. Il ne reste plus qu’à espérer que Fosbury & Sons décide d’investir Paris. Bonne nouvelle ! Cette idée n’est pas sans déplaire à ses fondateurs.

 


Texte : Margault Antonini – Photos : Karel Bala
fosburyandsons.com

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